Une terre de contraste

Difficile de résumer en quelques lignes tout ce que nous avons vécu. Accueillis chaleureusement par les familles d’amis roumains de Grenoble, qui se sont mis en quatre pour nous faire découvrir leur pays, en faisant des efforts admirables pour parler en français.

Après 36 heures de voyage en bus de Grenoble à Brasov, nous avons été immergés dés le départ dans l’ambiance roumaine. Nous avons découvert une ville médiévale où se côtoient des jeunes venant de toute l’Europe.

Plus tard, à Iasi, nous avons admiré les églises et quelques monuments de l’ère de l’empire austro-hongrois, avec beaucoup de travaux de rénovation financés notamment par l’Europe. Mais juste à côté se trouvaient des immeubles décrépis de l’ère Ceauşescu. La fréquentation importante des monastères de la région de Neamt, et la richesse des célébrations religieuses orthodoxes nous ont interpellés, mais à Suceava, apparaissent des cybercafés, des boutiques à l’occidentale et des boîtes de nuit.

Dans les campagnes, nous avons vu une étable toute neuve, symbole d’une agriculture moderne, près de laquelle des paysans fauchaient à la main et mettaient le foin en meule. Plus loin des charrettes tirées par des chevaux, ramenaient au village des sacs de blé, côtoyant des tracteurs cinquantenaires et pétaradant, conduits d’une main par des jeunes tenant un téléphone portable de l’autre …

Pendant notre séjour, la Moldavie Roumaine et le Maramures ont, malheureusement été ravagés par des inondations catastrophiques. Pourtant, nous avons été magnifiquement accueillis à Vama, jumelée avec Eybens, par Larisa et Mikaïl, dans leur pension, privée d’eau courante. Il est étrange, alors d’être touriste dans une région où la préoccupation est plus au nettoyage et à la reconstruction Nos projets chamboulés par ce drame, nous avons poussé plus à l’ouest et nous sommes arrivés dans une enclave hongroise où l’accueil, toujours aussi sympathique s’est poursuivi, même si la langue hongroise a crée une barrière que nous essayions de dépasser en parlant avec des gestes et les quelques mots roumains appris auparavant. L’histoire nous a rattrapés en la personne d’une jeune roumaine partie à Bucarest avant la Révolution, ayant fait sa vie là bas mais revenant régulièrement dans son village d’origine auquel elle est très attachée. Elle nous y a accueillis dans une vieille maison traditionnelle, puis nous a conduits dans la capitale hongroise où elle travaille pour la télévision et enfin, elle nous a offert un hébergement pendant 4 jours et des vélos pour découvrir la ville.

Après trois semaines de dépaysement, mais aussi pendant lesquelles nous avons remarqué beaucoup de points communs avec l’Alsace, ma région d’origine, des paysages à l’Histoire en passant par les cigognes et les poêles à bois, il nous a fallu revenir à Grenoble, l’appareil photo rempli d’images variées et la tête pleine de souvenir comme par exemple celui d’une mère offrant à son fils une visite de monastère pour l’anniversaire de ses quinze ans, ou encore la rencontre de Sœur Séraphine, une religieuse de 82 ans notant nos prénoms pour prier pour notre conversion à la religion orthodoxe...

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