Le gisement touristique roumain et ses promesses

Chacun s’accorde à dire que la Roumanie présente un formidable potentiel touristique vu la richesse de ses atours et la variété de ces atouts, mais en premier lieu du fait d’un développement encore assez faible du secteur. La manne est alléchante – surtout pour les Judets économiquement défavorisés – pour autant elle doit être convoitée avec prudence et intelligence.

Une ouverture encore limitée au tourisme international 

Si l’on se focalise sur le nombre des touristes internationaux, on constate que la fréquentation de la Roumanie est loin d’atteindre celle d’autres pays d’Europe Centrale et Orientale. En 2005, environ 1,43 millions de touristes étrangers ont été accueillis dans des structures d’hébergement collectif (hôtels, villages de vacances, gîtes, chambres d’hôtes, campings…), soit à peu près six fois moins qu’en Croatie (8,5 millions de séjours), cinq fois moins qu’en République tchèque (6,3 millions de séjours), et même moins qu’en Slovaquie (1,5 millions de séjours) (1). Si l’on considère d’une manière plus large le nombre d’arrivées à la frontière, là aussi la comparaison n’est pas très favorable à la Roumanie. Avec environ 5,8 millions d’entrées en 2005, le pays se place devant la Bulgarie (4,8 millions), mais par exemple loin derrière la Hongrie (10 millions) ou un petit pays comme l’Irlande (7,3 millions). Pour donner un ordre de grandeur, la France, première destination touristique mondiale, avait déclaré 76 millions d’entrées la même année (2). Historiquement, le secteur touristique a connu un premier développement durant la période communiste. Les vacances des "travailleurs" sont alors un enjeu important de promotion du régime, aussi les entreprises d’État, les coopératives ou les syndicats proposent souvent des séjours à leurs salariés dans des établissements qu’il gèrent, des "maisons de repos". Dans le même temps, le littoral de la Roumanie – comme celui de la Bulgarie – a vocation à s’ouvrir très largement aux touristes des pays "frères" du CAEM (3). Dans la "division internationale socialiste du travail", la Roumanie se spécialise dans le tourisme balnéaire et thermal. L’époque est au tout-quantitatif, on multiplie les grands complexes hôteliers. Au sud de Constanţa surgit de terre un chapelet de stations balnéaires aux appellations plus poétiques que le style architectural : Neptun, Jupiter, Cap Aurora, Venus, Saturn… De grands hôtels plus ou moins rafraîchis témoignent de cette époque.
Au pic de ce petit boum touristique, vers 1980, la Roumanie accueille 6,7 millions de visiteurs, dont une petite minorité d’Européens de l’Ouest (4). Dès les années suivantes, avec la débâcle économique, la fréquentation chute, pour s’effondrer dans l’immédiat après-1989. La reprise sera lente d’autant que dans le nouveau contexte européen, les paramètres de l’équation touristique roumaine sont à repenser.

Une variété au service de toutes les formes de tourisme 

La grande générosité de la géographie roumaine permet d’envisager de multiples formes d’expériences touristiques, très complémentaires. Tout d’abord, puisque l’infrastructure existe, il serait dommage de ne pas utiliser au mieux les capacités du littoral. Le créneau du tourisme "hors-sol" à base de soleil et de mer correspond à une demande, d’ailleurs pas forcément la plus nuisible sur le plan écologique. On pourrait imaginer des offres couplées avec un voyage en train depuis Vienne et Budapest. Attention tout de même, la concurrence par les coûts est très forte en la matière, le vacancier pouvant tout à coup préférer Monastir ou Benidorm à Mangalia pour quelques dizaines d’euros. Au nord de la riviera roumaine, un secteur est à épargner impérativement, c’est bien sûr le delta du Danube, terrain de prédilection pour une autre forme de tourisme, "naturaliste", forcément restreinte à de petits effectifs. Ensuite, avec des cités comme Sibiu, Cluj, Brasov, Iaşi, Sighişoara et même Bucarest, le tourisme "urbain" a de belles perspectives. Du côté du tourisme "montagnard" et sportif, les sauvages Carpates justifient en elles-mêmes un voyage, hiver comme été. Enfin, les campagnes recèlent sans doute un potentiel touristique qui pourrait faire la spécificité et la renommée de la Roumanie : l’agro-tourisme, dont GIR aime à faire la promotion.
Bon, là-dessus, on conviendra que le développement des activités touristiques nécessite des investissements judicieux et une ingénierie qui ne s’improvisent pas. Tout de même, on a envie de donner quelques idées d’indicateurs de réussite pour l’économie touristique roumaine : durée du séjour moyen et la dépense sur place, nombre d’emplois créés ou maintenus, en particulier dans le secteur agricole, part des modes de transport alternatifs à la voiture dans les déplacements à destination du pays comme en interne, part des hébergements de petite taille dans le total des capacités d’accueil, nombre de sentiers balisés, de nuitées dans les refuges, de monuments restaurés, d’artisans concernés, nombre de festivals, nombre de bols de ciorba, d’assiettes de mămăliga ou de sarmale, de mititei, de saramura et de verres de ţuică ingurgités… Ah, et pis faudrait pas l’oublier, mais un indicateur est à renseigner d’urgence : Combien de Roumains pratiquent l’une ou plusieurs des formes de vacances ci-dessus énoncées ?

Marea generozitate a formelor de relief a geografiei româneşti permite să se imagineze multiple forme de experienţe turistice, foarte complementare. Mai întâi, pentru că infracstructura există, ar fi păcat să nu se utilizeze cât mai mult capacităţile oferite de litoral. Turismul în "afara solului" bazat pe soare şi pe mare corespunde unei cereri, de altfel nu foarte dăunătoare pe plan ecologic. Ne-am putea imagina oferte care reunesc această cerere cu o călătorie cu trenul de la Viena sau de la Budapesta. Atenţie totuşi, concurenţa prin preţuri este foarte puternică în acest domeniu, persoanele putând să prefere Monastir sau Benidorm Mangaliei pentru o diferenţă de câteva zeci de euro.

La nord de litoralul românesc, un sector ce trebuie salvat cu orice preţ est Delta Dunării, teren ce ar trebui să dezvolte o altă formă de turism, "natural", restrâns la grupuri mici de vizitatori. Pe urmă, cu oraşe precum Sibiu, Cluj, Braşov, Iaşi, Sighişoara, şi chiar Bucureşti, turismul "urban" are perspective frumoase. În ceea ce priveste turismul "de munte" şi sportiv, munţii Carpaţi sunt ei înşişi justificarea călătoriei, atât iarna cât şi vara. În sfârşit, câmpiile şi satele sunt bogate, fără nicio îndoială, de un potenţial turistic care ar putea deveni specificul şi renumele României : turismul agricol, pe care GIR îl promovează foarte mult.

(1) Source : Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), Baromètre du tourisme mondial, novembre 2006. Ce mode de calcul n’inclut pas les touristes logés gracieusement (cadre amical et /ou familial). Il génère des doubles-comptes si un touriste fréquente deux types d’hébergement collectif. Voir le site Internet de l’OMT, malheureusement uniquement en anglais pour la partie Statistiques :http://unwto.org/facts/menu.html (2) Source : Institutul National de Statistica (INSSE) pour les chiffres roumains, OMT pour les autres. Le chiffre des arrivées à la frontière présente l’inconvénient d’intégrer les visiteurs autres que touristes, mais surtout d’inclure les visiteurs en transit, ce qui favorise les pays placés sur de grands axes de déplacements comme la France ou la Hongrie. (3) Conseil d’Assistance Économique Mutuelle (COMECON en anglais), la structure de coopération économique du bloc de l’Est entre 1949 et 1991. (4) Les statistiques issues de la période sont à considérer avec une grande prudence, même si de nombreuses données et le développement physique des capacités d’accueil témoignent d’un essor important.
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