Deux visites, deux époques …

Grâce à nos amis d’Alba Iulia, nous avons eu la grande chance de visiter la cave de Jidvei au cœur du vignoble de Târnave sur la route des vins du département d’Alba. Nous y sommes arrivés vers midi, à l’improviste, et c’est le propriétaire, accompagné de son ingénieur oeunologue, qui nous a accueilli et nous a fait visiter, avec grande amabilité, l’ensemble des installations tout en nous expliquant dans quel esprit il gère les 200 employés permanents que compte ce domaine de 1800 hectares. Impressionnant !... toutes les opérations, du pressage jusqu’à l’embouteillage et l’expédition sont effectuées avec du matériel ultra moderne dans un environnement "aseptisé" suivant les normes européennes. Ici pressoirs, cuves, tuyauteries, tout est en inox. Dans la cave de vieillissement le même souci de rigueur et de propreté transparaît dans les alignements parfaits des centaines de tonneaux de chêne. Une chaleureuse dégustation nous a permis d’apprécier des grands vins, particulièrement des vins blancs, "méthode champenoise" dignes de respect.

Ce fut pour nous une grande satisfaction de constater qu’en Roumanie, des entreprises roumaines, arrivent à se hisser au niveau européen en fabriquant des produits de qualité tout en offrant de bonnes conditions travail aux ouvriers. Trois jours plus tard, lors d’une autre halte, nous avons eu l’opportunité de visiter l’une des trois fabriques de produits réfractaires de Roumanie. Autre style, autre environnement, le propriétaire est roumain mais rarement présent… Là, ce n’est plus le 21ème siècle ! … mais plutôt l’époque d’Émile Zola … Depuis la construction de l’entreprise, fin du 19ème siècle, pas ou peu d’entretien. Résultats : insécurité totale pour les ouvriers, matériels et conditions de travail d’un autre âge, … Chaleur, poussière, postes de travail inadaptés aux femmes pourtant majoritaires... on est très loin des normes européennes… et même roumaines… puisque cette usine n’a pas reçu l’agrément de la médecine du travail. Mais …, si elle fermait, 200 ouvriers se verraient privés d’emploi …. Alors ils continuent de travailler et, malgré leurs conditions de travail déplorables, de fabriquer des produits de qualités.

Et voilà ! C’est ça la Roumanie en 2008, des entreprises d’avant-garde et d’autres dont on se demande comment les murs tiennent encore debout….

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